Les Français et l'orthographe : un amour contrarié

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Par Sophie Vincelot

Un nouveau sondage Ipsos montre que neuf Français sur dix commettent des fautes, mais ils sont autant à dire que bien écrire est essentiel pour leur vie professionnelle et personnelle.

Selon un récent sondage de l’institut Ipsos pour Le Robert, plus de neuf Français sur dix reconnaissent faire des fautes d’orthographe. Pourtant, pour près de 98% d’entre eux, écrire sans fautes est important, voire essentiel dans leur vie professionnelle de tous les jours. Le sondage a été commandé par les dictionnaires Le Robert qui viennent de lancer Le Robert correcteur, que nous avons testé. Il s’appuie sur la même technologie que ceux des plus grands journaux, tel que le correcteur ProLexis. Les fautes apparaissent sous différentes couleurs en fonction de leur nature: les fautes de grammaire, de vocabulaire, de ponctuation, de typographie sont mises en évidence pour que l’utilisateur réagisse au mieux.

En pleine période de rentrée scolaire, le lancement de ce correcteur tombe à point nommé pour des Français qui semblent de plus en plus fâchés avec l’orthographe.

Cet amour contrarié ne date pas d’hier. Depuis maintenant vingt ans, on constate une baisse du niveau des élèves en orthographe. Selon une note du ministère de l’Éducation nationale, le nombre de fautes par dictée est passé de 10,7 en 1987 à 14,7 en 2007, et le pourcentage de ceux qui faisaient plus de quinze erreurs est monté de 26 % à 46 %. Un résultat inquiétant tout à fait ressenti par la plupart des Français, puisque d’après un autre sondage réalisé en octobre 2013 par Mediaprism pour le Projet Voltaire et l’association des Timbrés de l’orthographe, 95 % d’entre eux estiment que le niveau baisse. Une conséquence qui n’étonne pas, car pour plus de 60 %, la langue française est difficile.

Un atout pour l’embauche

Toutefois, simplifier notre orthographe n’est pas à l’ordre du jour. Plus de six Français sur dix refusent une quelconque réforme, même si, en partie, elle a déjà eu lieu. Cette volonté de préserver l’orthographe est une incontestable déclaration d’amour à langue française.

Face à la déferlante de maladresses orthographiques qui inondent nos courriers administratifs, nombreux sont les Français qui se disent choqués lorsqu’ils constatent des fautes sur des documents professionnels ou des sites officiels.

Pourtant, l’orthographe devient aujourd’hui un facteur d’embauche de plus en plus déterminant. Selon le site du Certificat Voltaire, 82 % des recruteurs sont sensibles à l’orthographe des candidats. Essentiel donc sur le marché de l’emploi, le bon usage de la langue est un atout important, voire un impératif pour les concours d’entrée dans les grandes écoles, les écoles de journalisme en tête. Des grandes entreprises s’inquiètent du niveau de leurs cadres. La plupart mettent en place un Certificat Voltaire pour tester les aptitudes orthographiques des candidats. Une seule erreur, et le dossier du postulant peut être écarté, malgré ses bonnes références…