Cholet. Le coach en orthographe épaule les entreprises

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Eric Bouchet propose aux salariés et aux patrons des journées de « remédiation orthographique ». Ou comment se réconcilier avec les mots pour mieux vivre sa vie au travail. Deux dirigeants témoignent.

Une méthode innovante

Eric Bouchet, fondateur d’Alinéa conseil (aide au développement des entreprises), à Cholet, a appris cette méthode auprès d’Anne-Marie Gaignard, référence du coaching orthographique et auteur de plusieurs livres. Il enseigne aujourd’hui, à son tour, la remédiation orthographique aux salariés et dirigeants d’entreprise.« Deux jours pour faire revivre le français de manière ludique, à travers neuf défis », dont une dictée qui n’en porte pas le nom, afin de ne pas effrayer les anciens « cancres » traumatisés par quelques enseignants persifleurs.

Eric Bouchet s’adresse en particulier aux personnes dyslexiques ou victimes de dysorthographie. « D’abord, on les déculpabilise. Ensuite, on leur propose des jeux pour tester leur potentiel auditif, visuel, kinesthésique. » Le coach propose ainsi de partir de la fin d’une phrase, et de la remonter jusqu’à son entame, pour comprendre « ses balises et ses sons ». Une technique sujette à « l’émotion » et à « la poésie », propice à la dédramatisation, assure Eric Bouchet.

Une souffrance pour les « nuls »

On peut être nulle en orthographe, et réussir sa vie professionnelle. La preuve avec Hélène (1), la quarantaine, spécialisée dans l’accompagnement individuel en entreprise. « J’étais en échec scolaire à cause du français. » Dyslexique, Hélène écrit « gâteau » ou « bateau » avec un o (« gato », « bato »). « Ma logique reposait uniquement sur la prononciation. » Elle met en cause le système d’apprentissage scolaire : « Au collège, j’avais – 40 en dictée. » Les années passent, mais au quotidien, Hélène fait tout pour « se détourner du français. On camoufle ses fautes en utilisant une mauvaise écriture, en formant à peine les lettres ».

Devant des clients, elle évite d’écrire au paperboard (tableau blanc). Toutes les tâches deviennent difficiles : envoyer des mails, écrire une synthèse… « J’ai carrément une correctrice pour me relire », avoue-t-elle. Un « manque de liberté » synonyme de « souffrance ».

Des barrières qui tombent

Le stage avec Eric Bouchet a créé un déclic chez Hélène. « J’ai compris ce qui me bloquait. » Pendant deux jours, elle n’utilise pas « les gros mots » (ceux qui sont compliqués à écrire, NDLR), « les COD (compléments d’objet direct) sont bannis. Tous les mots qui m’ont troublé par le passé », souligne-t-elle. Le test de la dictée, parce que c’est elle-même qui a corrigé sa copie, fait tomber ses barrières. « J’ai repéré mes propres fautes. 20 sur 22. »

 

Désormais, Hélène envoie ses mails toute seule. Sa correctrice n’intervient que pour les gros dossiers. Et c’est déjà « un progrès énorme ».

Un sujet tabou en entreprise

Dans le monde des entreprises, faire des fautes d’orthographe induit forcément l’incompétence. « C’est un sujet tabou », affirme Hélène. Eric Bouchet raconte l’exemple d’un soudeur qui, un jour, a rendu un rapport d’intervention dans une centrale nucléaire, truffé de fautes. « L’Autorité de sûreté nucléaire a, de façon injuste, remis en cause ses compétences. Il a été licencié. » Un supérieur qui écrit (mal) à un subordonné, un fournisseur qui envoie un mail rempli de fautes à un client, un chômeur qui écrit une lettre de motivation bardée d’erreurs, « se décrédibilisent », résume-t-il.

Contact. Eric Bouchet au 02 41 30 58 31 ou 06 08 67 68 59. Site Internet : www.bien-ecrire.fr. Le formateur propose également des techniques de mémorisation pour structurer sa pensée et formuler un discours.